Concert de Nouvel An 2026 - Orchestre d'Harmonie de Haguenau
Samedi 10 janvier, l’Espace Sébastien Loeb a laissé glisser sur lui une autre géographie : celle de Vienne, de ses bals suspendus, de ses fêtes qui sourient sans jamais se presser. Sous les lumières, l’hiver s’est tenu à distance, remplacé par un frémissement, une attente, un souffle prêt à naître.
Sous la direction attentive d’Aimé Bastian, l’orchestre a avancé avec naturel et engagement. Les gestes guidaient plus qu’ils n’imposaient, invitant à l’écoute et à la confiance. La musique circulait librement, portée par une énergie collective, à la fois précise et souple, où chaque pupitre trouvait sa place dans un équilibre partagé.
Le programme, résolument tourné vers Vienne et l’opérette, a déployé ses couleurs avec élégance. Dès Eine Nacht in Venedig de Johann Strauss fils, la fête s’est esquissée par touches légères : un sourire dans une phrase, une malice glissée entre deux accents. La Fledermaus-Polka a prolongé cet élan pétillant, musique vive et rieuse, où l’ironie se mêle à la joie de vivre sans jamais forcer l’éclat.
Un autre climat s’est invité avec Meine Lippen, sie küssen so heiß de Franz Lehár. La soprano Anaïs Mahikian a offert une interprétation lumineuse et sensible, laissant affleurer la fragilité derrière le sourire. Son chant, à la fois ardent et retenu, rappelait que la fête sait aussi accueillir la nuance, l’émotion plus secrète.
L’humour théâtral a trouvé sa juste mesure dans Ach, ich hab’ sie ja nur auf die Schulter geküsst de Karl Millöcker. Pour son premier concert en France, le baryton Laewook Cho a donné corps au personnage avec une voix profonde et incarnée, laissant naître l’ironie sans jamais la souligner, dans un équilibre subtil entre sourire et densité.
La musique s’est enfin prolongée dans le mouvement. Les danseurs Sigrid et Alain Blessig, Martine et Raymond Wiedemann ont accompagné les œuvres avec grâce et retenue, inscrivant dans l’espace une respiration parallèle, comme un écho silencieux aux phrases de l’orchestre.
Lorsque Le Beau Danube bleu puis La Marche de Radetzky ont refermé la soirée, ce n’était pas un éclat final mais un sourire partagé. Une manière simple et lumineuse d’entrer dans l’année nouvelle, portée par la musique, l’écoute et cette joie discrète qui naît lorsque tout semble à sa juste place.







































































































































