La Fabrique des Rêves - Ex Nihilo

Quand la nuit s’installe sur Wissembourg, un veilleur de silence entrouvre un monde que l’on croyait oublié. La Fabrique à Rêves respire dans l’ombre, palpitante, secrète, comme un cœur ancien battant au rythme des songes d’enfance. On y entre à pas lents, guidés par une lumière fragile, celle de la douce Christkindel, fil d’or tendu entre le visible et l’invisible.

Ici, le rêve est en chantier perpétuel. Des silhouettes surgissent, glissent, disparaissent. Elfes aux gestes feutrés, lutins affairés, figures d’ombres et de légendes traversent l’espace comme des pensées fugitives. Mais dans les replis de la nuit, Hans Trapp murmure encore, trouble-fête nécessaire, rappel que toute féerie naît d’un fragile déséquilibre.

Le parcours devient errance. On ne regarde plus, on dérive. Les murs chuchotent, les lumières effleurent les corps, les scènes s’offrent puis se retirent aussitôt, laissant derrière elles une traîne d’émotions et de parfums de contes anciens. Chaque pas ouvre une porte intérieure, chaque halte suspend le temps.

La Fabrique à Rêves ne promet pas de réponses. Elle sème des fragments, invite à écouter autrement, à croire encore à la puissance de l’imaginaire. Et lorsque le chemin s’achève, le visiteur repart lesté d’une certitude douce : le rêve, tant qu’on le traverse, ne s’éteint jamais.