Esther Abrami et l'Orchestre Bon Tempérament

Esther Abrami, la musique comme héritage et éveil du monde

Samedi soir, la MAC de Bischwiller vibrait d’une lumière singulière. Le Festival Vibration(s) accueillait la violoniste Esther Abrami, accompagnée de l’orchestre Le Bon Tempérament. Sous l’archet de la jeune musicienne, la scène s’est faite lieu de mémoire, d’émotion et de transmission.
Tour à tour, Esther Abrami a redonné souffle à ces femmes compositrices que l’Histoire a trop souvent effacées : Teresa Carreño, la « femme aux mains d’homme et au cœur de femme » du Venezuela, ou encore Chiquinha Gonzaga, qui préféra son piano à un mariage sans harmonie. Elle évoqua aussi Ethel Smyth, dirigeant ses compagnes de cellule à la brosse à dents, et Ilse Weber, infirmière à Theresienstadt, chantant pour apaiser les enfants condamnés.
À travers ces récits, la violoniste tissait le fil invisible qui relie la création à la survie, l’art à la résistance.
La soirée glissa ensuite vers d’autres territoires : la musique de film, des échos de Naruto ou des Choristes, des valses japonaises et des partitions pleines d’éclats. En filigrane, un mot revenait : transmission. Celle d’une grand-mère à sa petite-fille, d’un violon sorti du silence des années pour renaître entre les doigts d’Esther.
Dans un dernier souffle, Flowers de Miley Cyrus éclot sur scène, bouquet inattendu porté par des musiciens complices. Et dans la salle, chacun emporta un peu de cette flamme : celle d’une femme qui, par son archet, fait chanter les voix retrouvées du monde.