Le Printemps de la Clarinette 2026
Dimanche 29 mars, au Théâtre de Haguenau, le Printemps de la Clarinette a trouvé son point d’aboutissement, comme si le souffle, après avoir traversé Obernai et Bischheim, venait ici se déposer dans une forme d’évidence lumineuse.
En prélude, les chœurs de clarinettes de Haguenau et Bischheim ont fait dialoguer trois écritures majeures du baroque, de Jean-Philippe Rameau à Jean-Baptiste Lully jusqu’à Jean-Sébastien Bach. L’ouverture de Platée déploie ses éclats contrastés, où se devine la destinée singulière de cette nymphe des marais, prise dans une illusion orchestrée par les dieux. Avec Lully, la marche se pare d’une solennité théâtrale, tandis que Bach élève la ligne vers une architecture intérieure dense et rayonnante.
Dans cette traversée, une filiation s’esquisse entre la clarinette et l’orgue : tous deux relèvent d’un même principe, celui du souffle mis en vibration par l’anche. Aux tuyaux de l’orgue, ordonnés dans le buffet comme une forêt verticale, répond le corps élancé de la clarinette ; deux manières de sculpter l’air, de lui donner forme et résonance.
Puis vint Athanor, l’opéra pour enfants de Claude-Henri Joubert. Portés par l’élan de Romuald Jallet, les élèves des écoles de musique de Haguenau, Bischheim et Obernai, rejoints par la Pré-Maîtrise Sainte Philomène dirigée par Annette Schäfer, entrent dans ce creuset symbolique. L’athanor, four des alchimistes, devient ici lieu de métamorphose : quête de la pierre philharmonique, traversée initiatique où l’enfant apprend à transformer le monde autant que lui-même.
Né de la rencontre entre Ariane Stoll, Laurent Will et Romuald Jallet, le Printemps de la Clarinette révèle une dynamique rare : celle d’un art transmis comme une flamme, patiemment entretenue, et offerte, le temps d’un concert, à la clarté partagée du public.





























































































