Lux Perpetua - Maîtrise Sainte-Philomène de Haguenau

À l’approche de Noël, l’église Saint-Georges s’est laissée gagner par une attente silencieuse. L’air semblait plus dense, la pierre plus attentive. Une flamme s’est levée, puis une autre, perçant doucement la pénombre. À leur lueur fragile, la Maîtrise Sainte-Philomène a ouvert un temps à part, une veille où le monde extérieur s’efface pour laisser place à l’écoute.

Du fond de la nef, les voix ont émergé, lentes et mesurées, portées par les chants anciens. O virgo splendens, Beata Viscera, Cuncti simus concanentes ont fait affleurer une mémoire profonde, presque archaïque. Les voix d’hommes, graves et enveloppantes, ont d’abord dessiné l’espace, lui donnant poids et ancrage. Puis, à mesure que la procession avançait vers le chœur, la lumière changeait de nature : les voix d’enfants se sont élevées, fragiles et diaphanes, comme un fil de clarté traversant l’ombre.

À chaque bougie de l’Avent, la lumière gagnait en intensité, sans jamais rompre le recueillement. L’annonce de la Bonne Nouvelle se faisait murmure, émerveillement contenu. Les chants enveloppaient l’assemblée d’une douceur progressive, et l’attente devenait presque palpable, déjà tournée vers Noël.

La musique s’est ensuite ouverte à une joie plus franche, mais toujours mesurée. Les cantiques familiers et les grandes pages chorales faisaient naître une allégresse lumineuse, une célébration habitée, sans éclat superflu, où l’élan collectif demeurait profondément intérieur.

Le concert s’est refermé sur une méditation profonde et apaisée, rappelant la fragilité de la paix et la nécessité de la préserver. Sous la direction attentive de Nicolas Wittner, la Maîtrise Sainte-Philomène a offert un moment d’une rare cohérence sensorielle : la profondeur veloutée des voix d’hommes, la pureté cristalline des enfants, l’espace et la lumière étroitement tissés au chant. Une veillée aux portes de Noël, où la musique devenait chemin, et la lumière, promesse silencieuse.