Mélissa Weikart
Sous le halo d'un unique projecteur, comme un réverbère, Melissa Weikart s'est avancée seule, piano pour confident et voix pour éclat. Dès les premières mesures, ses doigts ont dansé sur le clavier avec une délicatesse tissée de lumière, déroulant un tapis sonore où sa voix venait se poser, tour à tour velours et cristal. Par moments, le timbre se faisait tendre, presque chuchoté, puis s'élevait soudain, aigu, libre, s'échappant de la portée pour entraîner le public vers un ailleurs suspendu.
Elle a dévoilé de larges extraits de l'album qu'elle vient d'enregistrer, pages encore tièdes de création, offertes avec une authenticité sans fard. Entre ces nouvelles confidences se glissaient des chansons plus anciennes, un peu délaissées, qu'elle revisitait comme on dépoussière un trésor oublié. Chaque reprise y retrouvait une respiration, un grâce renouvelée.
Parmi ces instants, un titre né d'un excès de café a jailli avec malice : un jeu de notes frémissantes, presque espiègles, comme si la musique elle-même se libérait en riant. Puis est venu One Day, chanson câlin, souffle de réconfort destiné à ceux que la vie éprouve.
Poétique, intime, d'une authenticité rare, ce concert, à la Chapelles des Annonciades, fut un moment suspendu où la musique de Mélissa Weikart, dépouillée de tout artifice, révélait l'essentiel : la présence irréductible d'une artiste qui parle droit au coeur.
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