Parlecoeur - Cie L'indocile
Samedi 28 mars , au Théâtre de Haguenau, la Compagnie L'Indocile proposait avec Parlecœur une expérience sensible, presque organique, qui ne se regarde pas seulement mais se ressent, au plus intime.
Tout commence par un fil à suivre, discret et essentiel, comme une mémoire archaïque du lien. Il guide les pas vers une cabane aux parois douces, baignée de teintes chair et de transparences, espace clos et protecteur qui évoque tour à tour un abri, un cocon, un ventre. Le monde extérieur s’efface. Ici, tout est arrondi, enveloppant, comme pour mieux accueillir les premiers instants de la vie.
Dans ce refuge, une silhouette émerge, lentement, telle une chrysalide qui se défait. La naissance n’est pas un cri, mais une métamorphose délicate. Puis viennent les découvertes : les mains, les pieds, le reflet dans le miroir, la surprise d’exister et de se percevoir. Le geste est hésitant, l’émotion brute. À ses côtés, la figure parentale tâtonne elle aussi, entre gestes appris et doutes silencieux, bercée par une ritournelle fragile : « on va faire comme on peut, mais aussi comme on peut pas ».
Le spectacle dit sans appuyer ce tumulte du commencement — les injonctions, les voix extérieures, les maladresses — mais il en révèle surtout la lumière. Car au cœur de ce fragile désordre, un amour inconditionnel s’installe, simple et absolu, comme une évidence qui résiste à tout. Un cœur lumineux, presque battant, irradie la scène et semble répondre à chaque hésitation.
Puis, peu à peu, les frontières s’ouvrent. Le décor se transforme, devient paysage à explorer. Le public est invité à entrer, toucher, habiter cet espace de douceur. Les mots doux se suspendent dans un filet délicat, les bulles s’élèvent, le temps ralentit. Les enfants, émerveillés, s’approprient ce monde à hauteur de sensation.
Né d’une immersion dans l’univers de la petite enfance, Parlecœur déploie une écriture d’une grande finesse, évitant toute démonstration pour privilégier la justesse. Il en résulte une œuvre rare, profondément apaisante, qui rappelle avec tendresse combien les débuts sont fragiles, et combien ils sont précieux. Une invitation à prendre soin — des liens, des corps, et de ce qui, en chacun de nous, demeure infiniment vulnérable.
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