Remi Larrousse - Confidences d'un Illusionniste
Voyage au coeur de l'invisible
Il est des spectacles qui ne cherchent ni l’exploit ni l’esbroufe, mais le lent déplacement du regard intérieur. Avec Confidences d’un illusionniste, Rémi Larrousse ne sert pas l’illusion comme un artifice, mais comme une respiration antique. « Les humains ont toujours eu besoin de la magie », confie-t-il, rappelant que Abracadabra signifiait, en araméen, « je crée ». Dès lors, la magie n’est plus un détour, mais un acte d’existence.
Sur scène repose un rocher. Rémi Larrousse l’annonce ainsi : « Ceci n’est pas un rocher, c’est le poids de nos certitudes. » Et déjà, les repères vacillent, convoquant Magritte — « Tout ce que nous voyons cache toujours quelque chose » — comme un phare discret au sommet de l’étrange. Le public apprivoise cette pensée : « Nous sommes aveugles de ce qui est sous nos yeux », et la magie n’existe vraiment « que dans la tête de celui qui voit le spectacle ». L’illusion se révèle alors non comme mensonge, mais comme mise en lumière de l’invisible.
L’artiste n’agit pas seul. La salle devient partenaire, volontaire, généreuse, complice à voix nue. On y choisit des mots, des souvenirs, des chemins, comme si l’enchantement avait besoin de se nourrir de plusieurs cœurs pour éclore. Rémi Larrousse ne cherche jamais à dominer : il propose, recueille, tisse. Il le répète, presque tendrement : « Les secrets cachent parfois d’autres secrets », et peut-être que l'essentiel n’est jamais de les percer, mais de rester suffisamment vivant pour les contempler.
Le temps s’étire comme une aile : « Le temps passe, certains souvenirs restent », souffle-t-il, et chacun mesure en silence la fragile persistance de ce qui a compté. Avant de disparaître, il invite à fissurer le rocher, à rogner l’angle raide des vérités trop sûres, à retrouver le regard d’enfant ; comprendre, apprendre, sans jamais abattre le mystère de l’émerveillement.
Et lorsque les applaudissements s’éteignent, il demeure quelque chose d’infiniment précieux : non pas la volonté de savoir comment, mais la joie d’avoir cru — ne fût-ce qu’une heure — que tout était encore possible.







































