Jipé - Médiathèque Haguenau

Dans les allées de la Médiathèque de Haguenau, il est celui qui conseille, oriente, fait découvrir. Celui qui glisse un disque entre deux recommandations ou qui partage l'enthousiasme d'une découverte musicale. Vendredi soir, pourtant, les rôles se sont inversés. Derrière le discothécaire est réapparu le musicien.

Car avant d'être gardien des collections sonores, Jipé est un homme habité par les chansons. Pas celles que l'on consomme à la hâte, mais celles qui s'écrivent lentement, à la faveur d'une rencontre, d'un souvenir ou d'une émotion persistante. Des chansons qui accompagnent une existence autant qu'elles la racontent.

Son histoire musicale s'est construite par strates. Les rythmes de Phil Collins et les harmonies de Genesis d'abord. Puis les secousses de l'adolescence, portées par Nirvana. Plus tard encore, l'écriture s'impose presque naturellement, nourrie par la découverte de Tom McRae et par ce besoin de donner une forme aux émotions. La guitare et le piano deviennent alors des compagnons de route, les instruments d'une parole personnelle.
Les premières compositions apparaissent au milieu des années 2000. Les premiers concerts suivent. Puis la vie déroule son propre récit. Une famille se construit, les priorités changent, la scène s'éloigne. Pas la musique.

Treize années plus tard, rien ne semble pourtant avoir disparu. Les chansons ont simplement continué leur chemin, à bas bruit, comme une rivière souterraine. Et lorsque Jipé les a laissées refaire surface devant le public haguenovien, elles portaient avec elles quelque chose de rare : non pas la nostalgie d'un passé retrouvé, mais la sérénité d'un artiste réconcilié avec son propre parcours.