Vis dans mon choeur 2 - La Légende d'Arbogast
Ce vendredi 18 septembre, la Maîtrise Sainte-Philomène de Haguenau inaugurait une création où musique, nature et technologie se conjuguent dans une prodigieuse communion.
Dans l’antichambre métamorphosée en forêt, le public attend. Une sonnette retentit, suivie des trois coups et du bruit d’un rideau de fer qui se lève. Tout est illusion sonore, mais la magie opère : le spectacle commence avant même d’avoir franchi le seuil de la chapelle.
On s’installe. Des chants d’oiseaux s’élèvent, enveloppant l’espace comme une invitation à l’ailleurs. Puis les murs s’éveillent sous le mapping d’Animallions. La pierre s’efface, les frondaisons surgissent, la lumière épouse l’architecture.
Entourer, inquiéter, bercer, émouvoir… La forêt déploie ses sortilèges, convoquant la mémoire de saint Arbogast, ermite des forêts alsaciennes dont la légende raconte qu’il ramena à la vie le fils du roi Dagobert.
Puis s’élève le Spem in alium de Thomas Tallis. Quarante voix s’entrelacent dans une vertigineuse architecture sonore. Cet Everest musical du XVIe siècle, ainsi nommé par l’ingénieur du son Jean-François Felter, devient accessible à tous grâce à l’alliance magistrale de la polyphonie et de la création numérique.
Le temps s’abolit. La chapelle devient forêt, la forêt devient musique, et l’émotion submerge.
Derrière cette féerie, une aventure humaine : les sons patiemment recueillis dans la nature par Jean-François Felter, les voix de la Maîtrise Sainte-Philomène et de ses partenaires, sous la direction de Nicolas Wittner, et l’univers visuel d’Animallions.
Inaugurée en présence du maire Claude Sturni et de Lucas Dorschner, adjoint chargé de la culture et de la communication, cette création accueillera également les scolaires.
À la sortie, même les orateurs aguerris cherchent leurs mots. Comment traduire ce vertige, cette émotion folle qui vous saisit lorsque l’art touche au plus intime de l’être ?
De ce voyage, on rapporte une forêt intérieure, des harmonies qui persistent et cette sensation rare d’avoir effleuré l’infini.

























