Une Histoire de Jazz - Le Jazz-Band fête ses 60 ans
Il est des musiques qui traversent le temps sans jamais consentir à vieillir. Qui se réinventent au gré des époques, mais conservent au plus profond de leurs notes cette irrépressible aspiration à la liberté.
Le jazz est de celles-là.
Samedi soir, le Jazz Band de Haguenau célébrait ses soixante printemps, entraînant le public dans une éblouissante traversée de l'histoire du jazz, intimement mêlée à celle de l'ensemble.
Dès les premières mesures d'In the Stone, les cuivres éclatent, les saxophones s'enflamment et la rythmique s'emballe. Le théâtre bascule dans la galaxie jazz.
De l'effervescence de La Nouvelle-Orléans à la pénombre ouatée des clubs de blues, du swing aux audaces du be-bop et du funk, les époques défilent. Les chorus prennent leur envol, les instruments se répondent, se défient parfois. Au-delà de la virtuosité, c'est cette complicité palpable, faite de regards et de sourires, qui donne à la musique toute sa saveur.
Sur l'écran, photographies et coupures de presse font revivre six décennies de concerts, de voyages et de rencontres.
American Patrol, fidèle compagnon de l'orchestre, ravive la mémoire des générations passées, tandis que Lil' Darlin' suspend le temps dans une douceur presque voluptueuse, avant que Birdland ne libère toute l'énergie du jazz fusion.
Mais derrière l'éclat de la fête affleure l'émotion. Après trente-deux années à la direction du Jazz Band, Hugo Hernandez annonce qu'il est temps de transmettre la baguette. Il remercie chaleureusement tous ceux qui ont partagé cette belle aventure. Le public, debout, lui réserve une ovation, tandis que le président Gil Levy lui remet un disque d'or. Hugo quitte la direction, mais demeure musicien de l'ensemble.
La fête reprend ses couleurs, de Feels So Good à Human Nature, jusqu'au flamboyant final réunissant le Mambo de Bernstein et La Fiesta de Chick Corea.
En coulisses, un magnifique gâteau signé Gautherot prolonge la célébration, dans cette convivialité qui unit les générations de musiciens.
Soixante ans de musique, de rencontres et de passions partagées. Une histoire qui se
poursuit, fidèle à l'esprit d'un jazz né de l'oppression et devenu symbole de liberté.
Samedi soir, à Haguenau, il avait soixante ans. Et pas une seule ride.










































